Basse Saxe Stalag XB
Un matin, sous la neige, un contingent fut rassemblé. J’en faisais partie et embarqués à bord de wagons de marchandises, nous prîmes la direction de l’ouest. Nous avons traversé la Poméranie, le nord de Berlin. Le soir, la température devenait de plus en plus clémente, au fur et à mesure que nous partions vers l’ouest. Le long de la Baltique, les plaques de neige se faisaient de plu en plus rares. Au petit matin, nous avons débarqué à Bremerwörde, pour entrer dans un immense camp de « transit». Il y avait là des milliers de prisonniers de toutes nations, jusqu’à des civiles, genre hindous, recueillis lors de torpillages de navires en mer.
Au départ de Prusse orientale, j’avais été vacciné contre le typhus ; deux ou trois jours après notre arrivée, je le fus de nouveau et je le serai, lors de ma sortie, une troisième fois, en l’espace d’une quinzaine de jours. A Bremerwörde, comme tout le monde, et afin d’accélérer mon retour en France, je me fis porter malade. On nous appelait par haut-parleur ; dans la foule, nous tendions l’oreille et sitôt appelé, nous devions monter sur une estrade surélevée. C’est là que nous nous sommes présentés au même moment, à deux prisonniers répondant au nom de Liéval. C’était un professeur de mathématiques et c’est par lui que j’ai appris, tout surpris, qu’il y avait de nombreux Liéval dans le nord de la France. Il m’a même précisé qu’un de ses ancêtres, originaire de Haute Saône, était arrivé là avec la maréchaussée et qu’il avait eu de nombreux enfants. Je pensais alors à ma grand-mère Odile qui me disait toujours que le nom de Liéval était rare* !
*NDLR Cette grand- mère était encore vivante à l’époque puisque décédée en 1951. En fait, il s’agit de la même souche familiale, avec des ancêtres communs originaires de Haute-Saône. – Puis, dans la foule des prisonniers, nous ne nous sommes plus revus.