{"id":194,"date":"2026-07-26T14:41:49","date_gmt":"2026-07-26T14:41:49","guid":{"rendered":"https:\/\/lieval-robert.fr\/?page_id=194"},"modified":"2026-07-26T14:41:49","modified_gmt":"2026-07-26T14:41:49","slug":"premier-camp-stalag-hohenheim","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/lieval-robert.fr\/?page_id=194","title":{"rendered":"Premier camp, stalag Hohenheim"},"content":{"rendered":"\n<h4 class=\"wp-block-heading\">En russe orientale Stalag IB 20 mai 1940<\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Tout le monde courait, comme un troupeau de montons qui d\u00e9barquent. Danou stup\u00e9fait, fatigu\u00e9, estomaqu\u00e9 par une telle r\u00e9ception, est rest\u00e9 quelque peu sur place et s\u2019est fait botter les fesses par un adjudant, un colosse de deux m\u00e8tres au moins. J\u2019ai eu peur pour Danou, que nous avons attendu en ralentissant dans la colonne qui s\u2019\u00e9tirait vers le nord semble-t-il. Puis est apparu au loin le monument du Tannenberg, d\u00e9di\u00e9 au mar\u00e9chal Hindenbourg. La nouvelle s&rsquo;est r\u00e9pandue comme une tra\u00een\u00e9e de poudre. De nombreux et grands baraquement \u00e9taient \u00e9difi\u00e9s \u00e0 proximit\u00e9. Nous pensions qu&rsquo;ils \u00e9taient utilis\u00e9 par les anciens combattants venus l\u00e0 \u00e0 chaque comm\u00e9moration de la victoire des Allemands sur les Russes. Puis la colonne s&rsquo;engouffra dans un v\u00e9ritable camp de concentration, divis\u00e9 en blocs, s\u00e9par\u00e9s par des murs de barbel\u00e9s, et entour\u00e9 par des miradors d&rsquo;o\u00f9 l&rsquo;on distinguait, en haut de chacun d&rsquo;eux, une mitrailleuse.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Dans chaque baraquement, il y avai \u00e0 un m\u00e8tre et deux m\u00e8tres de hauteur, des planches horizontales qui, recouvertes de paille de seigle, allaient nous servir de lit. Il y avait deux grandes all\u00e9es centrales, assez larges qui d\u00e9bouchaient sur une seule porte \u00e0 chaque extr\u00e9mit\u00e9 du baraquement. Dehors, lors de notre arriv\u00e9e, oncentration , divis\u00e9 en blocs, s\u00e9par\u00e9s par des murs de barbel\u00e9s et par des miradors, d\u2019o\u00f9 l\u2019on distinguait, en haut de chacun d\u2019eux, une mitrailleuse. <br>nous avions remarqu\u00e9 quelques vieux juifs \u00e0 la barbe effil\u00e9e qui leur descendait jusqu&rsquo;aux genous, la veste longue et le chapeau caract\u00e9ristique en forme de calotte.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Tout de suite, nous nous sommes allong\u00e9s pour nous reposer et je constatais qu&rsquo;il y avait, dans tout le baraquement, une \u00e9norme et anormale quantit\u00e9 de poussi\u00e8re. Attir\u00e9s par un chant d&rsquo;\u00e9glise, de nombreux Fran\u00e7ais et Belges sortirent et de rendirent compte que ces gens, des civils, \u00e9taient en train de chanter la messe du soir, tous dehors dans un bloc voisin du notre et qui n&rsquo;\u00e9tait s\u00e9par\u00e9 de nous que par un chemin de terre bord\u00e9 de nombreux barbel\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le service religieux termin\u00e9, nous avons pu constater que ce groupe \u00e9tait form\u00e9 de jeunes gens, en grande majorit\u00e9, de tr\u00e8s belles femmes rev\u00eatues de costumes et de robes bariol\u00e9es. Les sentinelles de garde passaient r\u00e9guli\u00e8rement sur les chemins de ronde qui s\u00e9paraient les blocs. D\u00e8s leur passage, ces civils nous lan\u00e7aient par dessus les cl\u00f4tures des morceaux de pain qu\u2019on se disputait. Mais souvent partag\u00e9s, ils \u00e9taient les bienvenus. Bient\u00f4t, des paroles furent \u00e9chang\u00e9es. C\u2019est ainsi que nous avons appris que ces civils \u00e9taient des d\u00e9port\u00e9s politiques. La plupart \u00e9taient des jeunes journalistes qui parlaient un fran\u00e7ais tr\u00e8s correct. Plusieurs lanc\u00e8rent leur nom : ils \u00e9taient presque tous originaires de Varsovie.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Comme une grosse canalisation form\u00e9e de larges tuyaux de ciment traversait le chemin de ronde, plusieurs Polonaises ne tard\u00e8rent pas \u00e0 utiliser ce mini tunnel pour nous faire parvenir des cailloux enrob\u00e9s de papiers. C\u2019est ainsi que s\u2019\u00e9chang\u00e8rent des informations et des potins sur le conflit en cours. C\u2019\u00e9tait risqu\u00e9 et si les gardes l\u2019avaient voulu, il leur e\u00fbt \u00e9t\u00e9 facile de d\u00e9couvrir le man\u00e8ge qui, au demeurant, ne me semblait ni compromettant ni dangereux.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Dans les baraquements interminables, se constitu\u00e8rent des groupes destin\u00e9s \u00e0 recevoir les boules de pain qui contenaient encore pas mal de son et de la margarine. Des feuill\u00e9es, d\u00e9fiant toutes les r\u00e8gles d\u2019hygi\u00e8ne, avaient \u00e9t\u00e9 creus\u00e9es \u00e0 d\u00e9couvert et on pouvait, au fond, d\u00e9couvrir le blanc de la chaux. Comme il n\u2019y avait qu\u2019un seul point d\u2019eau sous forme de robinet, il y avait aux heures d\u2019ouverture des queues interminables.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les Noirs, des S\u00e9n\u00e9galais, avaient \u00e9t\u00e9 dirig\u00e9s vers un autre bloc, \u00e0 c\u00f4t\u00e9 du n\u00f4tre. Ils rest\u00e8rent l\u00e0 une quinzaine de jours. Le des S\u00e9n\u00e9galais, avaient \u00e9t\u00e9 dirig\u00e9s vers un autre bloc qui se trouvai \u00e0 proximit\u00e9 du n\u00f4tre. Ils rest\u00e8rent l\u00e0 une quinzaine de jours et le bruit courait que le climat de Prusse orientale ne leur convenant pas, ils avaient \u00e9t\u00e9 dirig\u00e9s \u00e0 nouveau vers la France. Beaucoup de ces pauvres gens y laiss\u00e8rent leur peau, car affam\u00e9s et ne disposant que d\u2019un mince filet d\u2019eau, cela d\u00e9clenchait des bagarres. Pour les disperser, partaient chaque fois des miradors des rafales de mitrailleuses qui en laissaient toujours quelques uns sur le terrain. A chaque rafale, nous nous pr\u00e9cipitions dans nos baraquements et invariablement, on voyait passer la charrette b\u00e2ch\u00e9e qui transportait les cadavres vers le haut du camp*. Les Allemands consid\u00e9raient les Noirs comme des b\u00eates et, surtout, les craignaient. Il n\u2019y avait que vingt deux ans que la grande guerre 14-18 \u00e9tait termin\u00e9e et \u00ab les couper cab\u00e8che \u00bb \u00e9taient encore dans toutes les m\u00e9moires.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size wp-block-paragraph\"><em>* NDLR Cette description correspond tout \u00e0 fait au plan du camp trouv\u00e9 sur un site anglais.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les jours s\u2019\u00e9coulaient sans nouvelles. Nous avions plusieurs fois par jour des rassemblements au cours desquels les sentinelles nous comptaient et surtout nous recomptaient car, bien souvent, elles n\u2019\u00e9taient pas d\u2019accord. Le reste du temps, nous le passions sur la paille afin d\u2019\u00e9conomiser nos forces. Certains parlaient de leur famille, montraient des photos des leurs, racontaient leurs combats ou la mani\u00e8re tr\u00e8s souvent singuli\u00e8re dont ils avaient \u00e9t\u00e9 faits prisonniers. Des cohortes enti\u00e8res de prisonniers arrivaient chaque jour, porteuses de bobards qui nous parvenaient colport\u00e9s le plus souvent par les volontaires des corv\u00e9es.<br>Il ne manquait pas d\u2019amateurs pour ces corv\u00e9es, toujours dans l\u2019espoir de s\u2019approcher des cuisines roulantes. Une sc\u00e8ne m\u2019est particuli\u00e8rement rest\u00e9e en m\u00e9moire. C\u2019\u00e9tait, quelques jours apr\u00e8s notre arriv\u00e9e au camp, la premi\u00e8re distribution de soupe chaude ! Les cuisines se trouvaient au bout d\u2019un espace libre, une sorte de grande place au rectangle, de 20 m\u00e8tres sur 200.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ce boulevard aboutissait, l\u00e9g\u00e8rement en pente, aux cuisines, mais, pour y parvenir, \u00e0 quelques m\u00e8tres d\u2019elles, il y avait une des S\u00e9n\u00e9galais, avaient \u00e9t\u00e9 dirig\u00e9s vers un autre bloc qui se trouvait \u00e0 proximit\u00e9 du n\u00f4tre. Ils rest\u00e8rent l\u00e0 une quinzaine de jours, le bruit courait que le climat de Prusse orientale ne leur convenant pas, ils avaient \u00e9t\u00e9 dirig\u00e9s \u00e0 nouveau vers la France. Beaucoup de ces pauvres gens y laiss\u00e8rent leur peau, car affam\u00e9s et ne disposant que d&rsquo;un mince filet d&rsquo;eau. Cela d\u00e9clenchait des bagarres. Pour les disperser, partaient chaque fois des miradors des rafales de mitraillettes qui en laissaient toujours quelques uns sur le terrain. A chaque rafale, nous nous pr\u00e9cipitions dans nos baraquements et invariablement nous voyions passer la charrette b\u00e2ch\u00e9e qui transportait les cadavres vers le haut du camp. Les Allemands consid\u00e9raient les noirs comme des b\u00eates, les d\u00e9testaient et, surtout, les craignaient. Il n&rsquo;y avait que 22 ans que la grande guerre \u00e9tait termin\u00e9e et les \u00ab couper cab\u00e8che \u00bb \u00e9taient encore dans toutes les m\u00e9moires. Les jours s&rsquo;\u00e9coulaient sans nouvelles. Nous avions plusieurs fois par jour des rassemblements au cours desquels les sentinelles nous comptaient et surtout nous recomptaient car, bien souvent, elles n&rsquo;\u00e9taient pas d&rsquo;accord. Le rests du temps, nous le passions allong\u00e9s sur la paille afin d&rsquo;\u00e9conomiser nos forces. Certains parlaient de leur famille, montraient les photos des leurs, racontaient leurs combats ou la mani\u00e8re tr\u00e8s souvent singuli\u00e8re dont ils avaient \u00e9t\u00e9 faits prisonniers. Des cohortes enti\u00e8res de prisonniers arrivaient chaque jour, porteuses de de bobards qui nous parvenaient colport\u00e9s, le plus souvent par les volontaires des corv\u00e9es.<br>Il ne manquait pas d&rsquo;amateurs pour ces corv\u00e9es, toujours dans l&rsquo;espoir de s&rsquo;approcher des cuisines roulantes. Une sc\u00e8ne m&rsquo;est particuli\u00e8rement rest\u00e9es en m\u00e9moire. C&rsquo;\u00e9tait quelques jours apr\u00e8s notre arriv\u00e9e au camp, la premi\u00e8re distribution de soupe chaude ! Les cuisines se trouvaient au bout d&rsquo;un espace libre, une sorte de grande place au rectangle, de 20 m\u00e8tres sur 200 environ. Ce boulevard aboutissait , l\u00e9g\u00e8rement en pente, aux cuisines, mais, pour y parvenir, \u00e0 quelques m\u00e8tres d&rsquo;elles, il y avait une douzaine de petits couloirs le long desquels se trouvait un Allemand, employ\u00e9 \u00e0 la cuisine, la louche \u00e0 la main.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">En quittant nos baraquements, on nous avait dit : \u00ab rep\u00e9rez bien vos blocs et munissez vous d\u2019un r\u00e9cipient pour emporter votre part de soupe \u00bb. Comme beaucoup n\u2019avait plus leur gamelle, ce fut dans la baraque, la chasse aux r\u00e9cipients de toute sortes ! Et sous les \u00ab los ! schnell ! \u00bb des sentinelles* nous nous acheminions vers le haut du \u00ab boulevard \u00bb parmi cette cohue. Certains n\u2019avaient aucun r\u00e9cipient, pensant, sans doute, utiliser celui du copain. L\u00e0, pour organiser le d\u00e9part vers les cuisines, gesticulait un \u00ab Feldwebel**\u00bb la schlague \u00e0 la main, tentant avec ses quelques gardes, d\u2019organiser des lignes de douze. Il fallait faire vite, tout le monde braillait, gesticulait et, au coup de sifflet, les douze qui \u00e9taient parfois dix ou quatorze, devaient courir vers les petits couloirs des cuisines. Avec les Fran\u00e7ais, rien d\u2019\u00e9tonnant que ce soit la pagaille dans de telles circonstances, surtout quand on ne parle pas la m\u00eame langue. A l\u2019arriv\u00e9e pr\u00e8s des couloirs, deux f\u00e9roces \u00ab Feldwebel \u00bb schlaguaient les prisonniers pour essayer de r\u00e9gulariser le passage dans les petits couloirs. Toujours \u00ab schnell schnell los \u00bb car la vague suivante, aussi indisciplin\u00e9e que les pr\u00e9c\u00e9dentes, arrivait sur nos talons. Apr\u00e8s avoir re\u00e7u la louche de brouet clair, poursuivis par d\u2019autres gardes, il nous fallait regagner en courant, sans tr\u00e9bucher, nos blocs. Si bien que les gamelles arrivaient \u00e0 moiti\u00e9 vides. Quelle pagaille, quelle d\u00e9ception et je ne parle pas des resquilleurs qui privaient les derniers de leur portion. Je m\u2019en suis bien tir\u00e9, mais je n\u2019y suis plus jamais retourn\u00e9, jugeant que le jeu n\u2019en valait pas la chandelle.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size wp-block-paragraph\"><em> *NDLR Ex\u00e9cution ! Vite ! <br>**NDLR Adjudant<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les jours suivants, Sitruk, toujours volontaire pour aller travailler aux cuisines, nous rapportait souvent un petit suppl\u00e9ment de nourriture sans que nous cherchions \u00e0 savoir comment il se l\u2019\u00e9tait procur\u00e9. Puis, \u00ab un beau matin \u00bb, rassemblement avec tout ce que nous poss\u00e9dions, les poux y compris !<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Que se passait-il ? Les civils polonais nous avaient quitt\u00e9s, \u00e0 notre grand regret d\u2019ailleurs. Peut-\u00eatre allions-nous, \u00e0 notre tour, d\u00e9m\u00e9nager ? Nous sommes mont\u00e9s vers le haut du camp pour passer \u00e0 peu de distance de notre parc-bloc dans un autre parc bloc, sans baraquement, mais au milieu duquel s\u2019\u00e9rigeait un unique b\u00e2timent, qui semblait abriter toute une machinerie avec une chemin\u00e9e de cinq ou six m\u00e8tres de haut. Rang\u00e9s colonnes par trois, nous attendions, quand apparurent sur la dalle pr\u00e9c\u00e9dant l\u2019immeuble, quatre Fran\u00e7ais : trois arm\u00e9s d\u2019une tondeuse et le quatri\u00e8me muni d\u2019un balai avec pelles et sac de r\u00e9cup\u00e9ration.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La tonte des moutons commen\u00e7a, la quatri\u00e8me homme courait apr\u00e8s les cheveux d\u00e9plac\u00e9s par le vent. Puis il fallut nous d\u00e9shabiller, pendre toutes nos affaires \u00e0 un crochet qui pouvait rouler sur un rail sur\u00e9lev\u00e9. D\u2019un c\u00f4t\u00e9, notre barda roulait vers une chambre de d\u00e9sinfection d\u2019o\u00f9 nous parvenait d\u00e9j\u00e0, depuis un certain temps, une odeur de formol et, d\u2019un autre c\u00f4t\u00e9, nous f\u00fbmes pr\u00e9cipit\u00e9s vers des douches collectives qui fonctionnaient par intermittence. Tout mouill\u00e9, sans pouvoir s\u2019essuyer, il nous fallait difficilement r\u00e9cup\u00e9rer notre barda, parfum\u00e9 au formol, en le cherchant parmi bien d\u2019autres, puis les yeux larmoyants, s\u2019habiller rapidement, press\u00e9s par les gardes qui aboyaient afin d\u2019essayer de mettre un terme \u00e0 cette nouvelle pagaille. La matin\u00e9e pass\u00e9e, nous avons retrouv\u00e9 les poux qui avaient le bonheur d\u2019\u00eatre rest\u00e9s dans la paille de notre liti\u00e8re. Durant toute ma captivit\u00e9, je suis rest\u00e9 insensible aux poux, mais par contre les puces furent l\u2019ennemi num\u00e9ro un.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Juin 1940<\/strong> Un apr\u00e8s-midi, alors qu\u2019il faisait tr\u00e8s beau temps, c\u2019\u00e9tait \u00e0 peu pr\u00e8s dans la deuxi\u00e8me d\u00e9cade de juin 1940, nous f\u00eemes la queue pour nous faire immatriculer. On devait d\u00e9cliner son identit\u00e9, \u00e2ge, dernier r\u00e9giment, lieu o\u00f9 on avait \u00e9t\u00e9 pris et notre religion, ce qui n\u2019arrangeait gu\u00e8re Ben Danou et Sitruck, car tous deux \u00e9taient juifs et en avaient nettement l\u2019allure. e re\u00e7us une plaque en m\u00e9tal \u00e0 porter au cou, avec les mentions \u00ab 1280 stalag 1B \u00bb. &#8211; Pour Danou4040 et Sitruk, je dus, comme eux, mentir et d\u00e9clarer qu\u2019ils avaient la religion catholique, ce qui \u00e9tonna bien vivement les deux scribouillards de service. Press\u00e9s par le temps, ils n\u2019insist\u00e8rent pas. Puis, le cr\u00e2ne ras\u00e9, avec la plaquette autour du cou, nous avons \u00e9t\u00e9 photographi\u00e9s, la t\u00eate et le buste. Je n\u2019ai jamais vu ces photos durant toute ma captivit\u00e9.<br>Il y avait tellement de bouches \u00e0 nourrir que les rations s\u2019amenuisaient de jour en jour et il nous fallut bien partir travailler. Avec mes deux camarades* nous nous efforcions de demeurer ensemble. C\u2019est ainsi que nous avons abouti avec cinq ou six autres, chez un hobereau de Prusse orientale, un nomm\u00e9 Aloys Wasserzier, qui vivait l\u00e0, au milieu d\u2019un immense domaine, avec sa s\u0153ur et son vieil oncle, un pasteur. D\u00e8s notre arriv\u00e9e, \u00ab Kaffeetrink** \u00bb  et nous avons \u00e9t\u00e9 enferm\u00e9s \u00e0 une dizaine dans une seule pi\u00e8ce, porte et lucarne prot\u00e9g\u00e9s par des barreaux et des barbel\u00e9s. Nous avions des lits superpos\u00e9s, pas de lumi\u00e8re et nous disposions d\u2019un seau. Quelques rondes le soir et durant la nuit, puis de tr\u00e8s bonne heure le matin, \u00ab aufstehen*** \u00bb <\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size wp-block-paragraph\"><em>*NDLR Ben Danou et Sitruk <br>**NDLR Distribution d\u2019une tasse de caf\u00e9 <\/em><br><em>***NDLR debout <\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Apr\u00e8s un petit d\u00e9jeuner servi par la s\u0153ur, toujours accompagn\u00e9e par la sentinelle, nous sommes all\u00e9s rejoindre dans la cour une dizaine de civils, femmes, enfants et trois ou quatre vieux paysans mal habill\u00e9s, anciens combattants de 14-18, portant sur eux une attitude d\u2019esclave. Ils demeuraient dans leur chaumi\u00e8re, entour\u00e9e d\u2019un petit jardin, \u00e0 deux ou trois cent m\u00e8tres de l\u00e0, alors que les ma\u00eetres habitaient dans une vaste demeure surmont\u00e9e d\u2019un clocheton, du haut duquel Aloys Wasserzier, \u00e0 l\u2019aide de ses jumelles, surveillait ses esclaves.<br>Civils et prisonniers gagn\u00e8rent les immenses champs de seigle : la<br>moisson commen\u00e7ait. Les paysans \u00e9taient moins bien trait\u00e9s que nous, qui \u00e9tions accompagn\u00e9s par la sentinelle. Tout ce petit monde n\u2019osait tourner la t\u00eate, ne parlait pas, pas question de fumer : les civils auraient \u00e9t\u00e9 d\u00e9nonc\u00e9s par la sentinelle qui, par contre, avait du mal \u00e0 nous contenir. La sc\u00e8ne \u00e9tait comique et for\u00e7ait rires et commentaires, ce qui semblait r\u00e9jouir les civils.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Un vieux s\u2019appelait Joseph, un autre Stobinsky que l\u2019on entendait parfois grogner. Arriv\u00e9s \u00e0 pied d\u2019\u0153uvre, il fallut nous apprendre \u00e0 travailler. Les quatre vieux, \u00e0 l\u2019aide d\u2019une faux, attaqu\u00e8rent le champ et, derri\u00e8re eux, nous devions ramasser le seigle align\u00e9, en faire des bottes et apprendre \u00e0 les lier avec un lien de paille de seigle pr\u00e9par\u00e9 par les femmes, qui, par ailleurs, devaient avec les enfants, couper les gerbes tout en r\u00e9parant notre travail mal fait. Aucun de nous, en effet, n\u2019\u00e9tait cultivateur et nous nous rend\u00eemes compte, rapidement, que le maladroit et fluet ben Danou ne pourrait pas suivre. La sentinelle le harcelait constamment et, \u00e0 plusieurs reprises, je ma suis demand\u00e9 ce qui allait se passer avec Sitruk, qui, l\u2019air farouche, montrait et faisait grincer ses dents d\u2019une blancheur peu commune.<br>Le soir, nous rentrions fourbus et nous dormions d\u2019une seule traite. Cependant, une nuit, des bruits insolites parvinrent \u00e0 nous r\u00e9veiller. Bruits de barre de fer de la porte qui tomb\u00e8rent d\u00e8s les cadenas ouverts, bruits de bottes et coups de crosse et surtout, dans la nuit silencieuse, les vocif\u00e9rations de quatre ou cinq Allemands, civils et militaires qui s\u2019acharnaient sur deux ombres pr\u00e9cipit\u00e9es sans m\u00e9nagement dans notre cellule.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Quel dr\u00f4le d\u2019effet dans la nuit noire ! Quand la porte fut de nouveau verrouill\u00e9e, nous essay\u00e2mes, tous bien \u00e9veill\u00e9s, de r\u00e9aliser ce qui s\u2019\u00e9tait pass\u00e9. Ces deux ombres, ne sachant pas o\u00f9 elles avaient atterri, commenc\u00e8rent \u00e0 bouger et, dans le noir, \u00e0 heurter chaussures et lits. Assis sur sa paillasse, chacun posait des questions pour essayer d\u2019\u00e9claircir le myst\u00e8re, mais en vain. Rapidement, nous compr\u00eemes qu\u2019il s\u2019agissait, comme nous, de prisonniers mais allez donc comprendre leur langage ! Nous leur offr\u00eemes quelques bouch\u00e9es de pain, mises de c\u00f4t\u00e9 lors de repas \u00e0 la ferme. Ce n\u2019est qu\u2019au petit jour que nous v\u00eemes ces deux cr\u00e9atures, v\u00eatues de kaki, mais h\u00e9las le visage bossel\u00e9 et ensanglant\u00e9. Il s\u2019agissait, nous l\u2019avons appris par les civils, de deux prisonniers de guerre polonais \u00e9vad\u00e9s, qui avaient \u00e9t\u00e9 vus et pris dans la for\u00eat voisine la nuit par le hobereau qui en \u00e9tait tr\u00e8s <strong>&lt;Probl\u00e8me !! V\u00e9ronique><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">chassait le gros gibier du haut des miradors install\u00e9s dans la for\u00eat pr\u00e8s des principaux points d\u2019eau.<br>Quelques jours plus tard, la pluie apparut et chacun re\u00e7ut un grand sac de jute qui \u00e9tait destin\u00e9 \u00e0 nous prot\u00e9ger le dos et la t\u00eate sous forme de capuchon. Et c\u2019est ainsi que, sous la pluie, civils et prisonniers partirent un beau matin pour planter les choux d\u2019hiver. Une charrue tra\u00e7ait un sillon dans le sol sablonneux et, d\u00e8s son passage, nous avions, sur une longueur de dix \u00e0 vingt m\u00e8tres, notre secteur \u00e0 planter sous l\u2019\u0153il vigilant de la sentinelle. Elle marmonnait toujours dans le dos de Danou, qui arrivait difficilement \u00e0 planter le secteur qui lui \u00e9tait affect\u00e9. La charrue revenait toujours trop vite et, pour \u00e9viter tout incident d\u00e9sagr\u00e9able \u00e0 l\u2019\u00e9gard de Danou, nous le prenions entre nous Sitruk et moi, pour l\u2019aider \u00e0 chaque extr\u00e9mit\u00e9 de son secteur. Le soir, nous avions mal aux reins et heureusement qu\u2019il ne pleuvait pas trop.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Si le temps s\u2019am\u00e9liorait, alors c\u2019\u00e9tait la r\u00e9colte de pommes de<br>terre. Toujours selon le m\u00eame principe, la machine projetait les pommes de terre sur le terrain tr\u00e8s sableux et, avant que la machine ne repasse pour un prochain tour, il nous fallait ramasser, dans des paniers d\u2019osier, chacun notre surface. Danou \u00e9tait toujours entre nous deux, Sitruk et moi. La sentinelle avait rapidement d\u00e9couvert le man\u00e8ge qui nous permettait d\u2019aider Danou, mais ce qu\u2019elle ne voyait pas, c\u2019est que certaines pommes de terre \u00e9taient de nouveau enterr\u00e9es par nos coups de talon r\u00e9p\u00e9t\u00e9s. La r\u00e9colte principale termin\u00e9e, on fier et heureux de nous montrer \u00e0 quoi aboutissaient les tentatives d&rsquo;\u00e9vasion. Il faut dire que, chaque nuit, ce hobereau chassait le gros gibier du haut des miradors install\u00e9s dans la for\u00eat, pr\u00e8s des principaux points d&rsquo;eau.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La r\u00e9colte principale termin\u00e9e, on passait une herse destin\u00e9e \u00e0 faire r\u00e9appara\u00eetre les pommes de terre encore enterr\u00e9es. Nous les ramassions en pensant que nous avions gagn\u00e9 un peu de temps sur l\u2019ennemi, ce qui ne nous emp\u00eachait pas une nouvelle fois de jouer du talon.<br>Les gel\u00e9es blanches \u00e9taient arriv\u00e9es, les jours diminuaient, le travail aussi. On nous emmenait au bois et, l\u00e0, prot\u00e9g\u00e9s par la or\u00eat, les civils allemands nous parlaient davantage. Ils nous montraient les pages de journaux qui enveloppaient leur casse- cro\u00fbte. C\u2019est vraiment \u00e0 partir de cet automne 1940 que nous avons cru que la France avait perdu la guerre.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Notre \u00e9quipe allait se disloquer : Sitruk partit dans une petite ferme voisine. La femmes du paysan \u00e9tait seule et il nous faisait savoir qu\u2019il \u00e9tait le roi. Peu de temps apr\u00e8s, Danou et Sitruk, nord africains, partirent comme volontaires pour une arm\u00e9e du levant favorable aux Allemands. C\u2019est ainsi qu\u2019il rentr\u00e8rent en France et, comme le projet n\u2019e\u00fbt pas de suite, ils furent lib\u00e9r\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Nous \u00e9tions rentr\u00e9s au camp. Tr\u00e8s mal nourri, je demandais \u00e0 partir en \u00ab Kommando \u00bb. L\u2019hiver \u00e9tait arriv\u00e9, nous \u00e9tions entass\u00e9s dans une vieille maison situ\u00e9e au milieu du village et ravitaill\u00e9s, il fallait voir comment, par l\u2019arm\u00e9e allemande. On venait nous chercher \u00e0 la demande. C\u2019est ainsi que j\u2019ai creus\u00e9 des silos dans lesquels on enfouissait des blocs de glace pour l\u2019\u00e9t\u00e9 suivant. La neige tombait en abondance et nous rentrions le soir du \u00ab Kommando \u00bb tremp\u00e9s comme des soupes. De la m\u00e8re de Danou, j\u2019avais re\u00e7u mon premier colis d\u2019Alg\u00e9rie, avec v\u00eatements chauds, chaussettes de laine qui tomb\u00e8rent bien \u00e0 point, puis une bonne paire de moufles en peau de mouton que j\u2019ai failli faire br\u00fbler en les s\u00e9chant le soir pr\u00e8s d\u2019un feu. J\u2019ai quand m\u00eame ramen\u00e9 ces moufles en France \u00e0 la Lib\u00e9ration.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">C\u2019est l\u00e0 que j\u2019ai vu des temp\u00eates de neige avec des tourbillons qui nous aveuglaient alors que nous rentrions. Les tra\u00eeneaux qui sillonnaient la campagne \u00e0 travers champs, avaient remplac\u00e9 les carrioles des paysans. Par des temp\u00e9ratures de moins trente degr\u00e9s, les soldats allemands manoeuvraient dans plusieurs m\u00e8tres de neige : nous les regardions avec un sourire en coin. La troupe arrivait de plus en plus nombreuse et on sentait que les Allemands et les Russes n\u2019\u00e9taient plus d\u2019accord.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Durant les <strong>derniers mois d\u2019hiver<\/strong>, nous avons \u00e9t\u00e9 employ\u00e9s \u00e0 d\u00e9blayer, sur cinq ou six kms, une chauss\u00e9e principale encaiss\u00e9e et qui \u00e9tait recouverte, disparue sous la neige. Cette voie devait \u00eatre d\u00e9gag\u00e9e pour laisser passer de l\u2019artillerie lourde. Quand nous avions atteint le dernier km, il fallait recommence \u00e0 d\u00e9gager le d\u00e9but. Tous les deux ou trois cent m\u00e8tres, dans les parois de neige qui atteignaient trois ou quatre m\u00e8tres, nous creusions de v\u00e9ritables couloirs sous la neige avec, au bout, une petite pi\u00e8ce o\u00f9 nous allions faire nos besoins. Nous creusions \u00e9galement de petites pi\u00e8ces que nous utilisions pour nous mettre \u00e0 l\u2019abri du froid et des temp\u00eates de neige, v\u00e9ritables bourrasques de neige qui n\u2019incitaient pas \u00e0 l\u2019\u00e9vasion. La fronti\u00e8re russe n\u2019\u00e9tait pas tr\u00e8s loin et les Allemands nous racontaient toujours que les \u00e9vad\u00e9s \u00e9taient maltrait\u00e9s par les Russes.<br>Un matin, arrivent des camions de l\u2019arm\u00e9e allemande et on demande des volontaires pour aller p\u00eacher dans un lac gel\u00e9 \u00e0 quelques km de l\u00e0. La surprise \u00e9tait grande, d\u2019autant que la glace \u00e9tait \u00e9paisse de 70 \u00e0 80 centim\u00e8tres. Arriv\u00e9 sur place, je me demandais bien comment on allait proc\u00e9der : il y avait des filets, des cordes, des pioches, des pelles et un treuil. L\u2019\u00e9tang avait, en gros, une forme ovale. A chaque extr\u00e9mit\u00e9, il fallut creuser, dans la glace, une ouverture de deux m\u00e8tres sur trois environ, la premi\u00e8re destin\u00e9e \u00e0 passer le filet au d\u00e9part sous la glace, la seconde de m\u00eames dimensions, servirait \u00e0 sortir le filet avec les poissons. Pour tirer sous la glace l\u2019\u00e9norme filet, il fallait creuser tout autour du lac, de cinq m\u00e8tres en cinq m\u00e8tres, des trous destin\u00e9s \u00e0 passer sous la glace une corde de chaque c\u00f4t\u00e9, ces deux cordes lat\u00e9rales \u00e9tant tir\u00e9es par un treuil. Le filet draguait donc, lentement, pour venir se refermer, charg\u00e9 de plusieurs tonnes de poissons, vers le trou de sortie. La p\u00eache \u00e9tait mirobolante et la soupe du lendemain sentait le poisson.<br>Certains d\u2019entre nous ne mettaient pas beaucoup d\u2019ardeur au travail et les Allemands proc\u00e9d\u00e8rent \u00e0 un tri des prisonniers selon leur profession : d\u2019un c\u00f4t\u00e9 les travailleurs manuels, de l\u2019autre les \u00ab intellectuels \u00bb inaptes au travail manuel, comme les professeurs, les instituteurs, les notaires, les pr\u00eatres, les employ\u00e9s de bureau \u2026<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les jours devenaient de plus en plus longs, mais la temp\u00e9rature demeurait toujours en dessous de z\u00e9ro. Un soir, vers vingt deux heures, on rassemble dehors, par un froid de canard, les inaptes au travail. Chauss\u00e9e de sabots de bois, la petite colonne se mit en route, destination inconnue, chacun avec son barda, sur la neige gel\u00e9e et par un magnifique clair de lune. Heureusement, j\u2019avais les moufles de Madame Danou. La colonne s\u2019\u00e9tira de plus en plus, sur ce chemin glac\u00e9 et glissant, nous avions beaucoup de mal \u00e0 garder l\u2019\u00e9quilibre. Et c\u2019est ainsi que nous avons parcouru de dix \u00e0 quinze kms. En nous aidant les uns les autres, nous atteign\u00eemes, fourbus et gel\u00e9s, un b\u00e2timent isol\u00e9, sans lumi\u00e8re autre que celle de la lune et nous d\u00e9couvr\u00eemes bient\u00f4t qu\u2019il s\u2019agissait d\u2019une gare. Afin de se mettre \u00e0 l\u2019abri du vent et du froid, ce fut la ru\u00e9e pour monter dans quelques wagons de marchandise qui, rattach\u00e9s au petit jour \u00e0 un train poussif, nous emmen\u00e8rent \u00e0 la gare d\u2019Allenstein. L\u00e0, dans un petit \u00ab Kommando \u00bb o\u00f9 il y avait d\u00e9j\u00e0 d\u2019autres \u00ab intellectuels \u00bb, nous passions notre temps, entre les multiples rassemblements, \u00e0 nous \u00e9pouiller, mais heureux d\u2019\u00eatre l\u00e0, car les Allemands nous rappelaient sans cesse que nous allions rentrer en France, rien de moins.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Au cours des conversations, c\u2019est l\u00e0 en bavardant avec un pr\u00eatre, que nous avons pu recouper et tant soit peu \u00e9claircir, la fusillade qui s\u2019\u00e9tait d\u00e9roul\u00e9e le 14 mai 1940 sur la route de Raucourt \u00e0 Flaba en passant par la ferme de l\u2019Ennemane.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-right wp-block-paragraph\">\u2026<a href=\"https:\/\/lieval-robert.fr\/?page_id=83\" data-type=\"page\" data-id=\"83\">Commencer la lecture<\/a>\u2026<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><br><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>En russe orientale Stalag IB 20 mai 1940 Tout le monde courait, comme un troupeau de montons qui d\u00e9barquent. 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